HISTOIRE
Je finis ma partie, en vrai, c’est le portrait craché de mon quotidien avec mon fils. C’est l’histoire de cette fameuse phrase qu’on entend tous les jours à la maison. Il rentre du collège, il jette son sac, et bim, direct sur la console ou sur son téléphone. Et quand c’est l’heure de manger, c’est TOUJOURS la même rengaine : Attends, je finis ma partie !. Tu as beau crier que ça va être froid, que le ton monte un peu… rien à faire, il est dans sa bulle.
Mais derrière ce petit rituel qui rend fou tous les parents, je voulais surtout parler de notre complicité. Parce qu’au fond, je ne peux pas trop gueuler car il gère ses cours, il bosse bien, même s’il marche beaucoup au talent, faut avouer.
Alors, plutôt que de jouer le père relou et de râler dans le vide, j’ai décidé de partager son monde. Je me suis mis à jouer avec lui juste pour capter son délire, partager un truc avec lui et le sortir de ses deux-trois jeux fétiches. Pareil pour les mangas et les animés, c’est notre petit terrain d’entente.
Au final, le morceau, c’est ma façon de lui dire que je le regarde grandir, que je suis fier de lui, et que même s’il est à fond dans ses écrans, je reste là, pas loin. Cette phrase qui me rendait dingue, c’est devenue notre connexion à nous. C’est ça, la vie de famille.
Paroles
Il a à peine posé son sac que déjà l’écran s’allume.
Brawl Stars, Fortnite… peu importe, c’est toujours la même brume.
Et quand nous l’appelons pour manger, la réponse est automatique :
« Attends, je finis ma partie », comme un refrain mécanique.
Il a lancé encore une nouvelle partie,
C’est l’heure de manger, ça va être froid, tant pis !
Il dit : « Attends, attends, je finis ma partie »,
Le ton monte, pourquoi est-il encore reparti ?
Il a cinq minutes devant lui, il relance une nouvelle game.
Mais quand l’heure tourne trop vite, c’est toujours le même thème.
On lui demande pourquoi jouer alors qu’il savait qu’on allait manger.
Il hausse les épaules, tranquille : « Bah… j’aime pas m’ennuyer ».
Il a lancé encore une nouvelle partie,
C’est l’heure de manger, ça va être froid, tant pis !
Il dit : « Attends, attends, je finis ma partie »,
Le ton monte, pourquoi est-il encore reparti ?
Je lui dis qu’il pourrait réviser, préparer son sac, lire un manga,
Ou juste venir discuter un peu, partager un moment avec nous.
Mais bon… difficile de râler quand les notes suivent sans souci.
C’est un élève sérieux, un bosseur… mais qui y va surtout au talent, ça oui.
Alors j’essaie d’entrer dans son monde, de comprendre ses habitudes.
Je me glisse dans ses passions, j’apprends ses jeux, j’apprends son attitude.
Clair-Obscur, Age of Mythologie, Absolum, GTA aussi..
Au moins, on partage quelque chose, je le sors un peu de ses deux jeux favoris.
Il a lancé encore une nouvelle partie,
C’est l’heure de manger, ça va être froid, tant pis !
Il dit : « Attends, attends, je finis ma partie »,
Le ton monte, pourquoi est-il encore reparti ?
Et quand ce n’est pas manette en main, c’est dans les mangas qu’on voyage.
Ou devant un animé, tous les deux, quand on trouve un moment sans nuage.
C’est là que je vois son sourire, sa façon de grandir sans bruit.
Et même là, parfois, j’entends encore : « Attends, je finis ma partie ».
Je râle un peu, je plaisante, mais au fond je suis fier de lui.
De ce gamin qui trace sa route, qui rêve, qui rit, qui construit.
Et si je m’accroche à ses passions, c’est pour rester dans son univers,
Pour qu’il sache que je suis là, toujours, même quand il préfère ses éclairs.
Alors vas-y, joue, avance, grandis… je suis juste là, pas loin d’ici.
Et quand tu lèveras les yeux, tu verras que je suis encore là, ravi.
Parce qu’au fond, cette phrase qui me fait sourire, c’est aussi notre mélodie :
« Attends, je finis ma partie », et moi j’attends… c’est ça, la vie.
